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Code de procédure pénale de la République de Guinée

Code de procédure pénale guinéen 2016

Texte intégral, garde à vue, instruction, jugement et voies de recours selon la Loi L/2016/060/AN portant Code de procédure pénale de la République de Guinée. Adopté en parallèle du Code pénal guinéen 2016, il en constitue le pendant procédural : là où le Code pénal définit les infractions, le Code de procédure pénale organise la façon dont elles sont poursuivies et jugées.

Loi L/2016/060/ANAdopté en octobre 2016En vigueur en République de Guinée
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Sommaire

  1. Qu'est-ce que le Code de procédure pénale ?
  2. Code pénal vs Code de procédure pénale
  3. La réforme pénale de 2016
  4. Les acteurs de la procédure pénale
  5. Enquête préliminaire et flagrance
  6. La garde à vue et ses garanties
  7. L'instruction par le juge d'instruction
  8. Détention provisoire et contrôle judiciaire
  9. Les juridictions de jugement
  10. Voies de recours : appel, pourvoi, révision
  11. La place de la victime et la partie civile
  12. Comment consulter le Code de procédure pénale
  13. Questions fréquentes

Qu'est-ce que le Code de procédure pénale guinéen ?

Le Code de procédure pénale guinéen est la loi qui organise en République de Guinée l'ensemble des règles procédurales applicables à la justice pénale : constatation des infractions, déclenchement et exercice de l'action publique, enquête, instruction, jugement, voies de recours, exécution des peines. Il fixe les pouvoirs des acteurs de la chaîne pénale (police judiciaire, parquet, juge d'instruction, juridictions de jugement) et les garanties des personnes poursuivies et des victimes.

Adopté par l'Assemblée nationale sous la référence Loi L/2016/060/AN en octobre 2016, il constitue aujourd'hui la principale source écrite de la procédure pénale guinéenne. Il a été voté en parallèle du nouveau Code pénal guinéen (Loi L/2016/059/AN), dans le cadre d'une réforme d'ensemble du droit pénal guinéen.

Le Code de procédure pénale de 2016 incarne une modernisation importante du droit guinéen. Il renforce les droits de la défense (accès à un avocat dès la garde à vue, contradictoire dans l'instruction), encadre plus strictement la détention provisoire, intègre les engagements internationaux en matière de procès équitable et adapte la procédure aux formes contemporaines de criminalité (criminalité organisée, cybercriminalité, blanchiment).

Code pénal vs Code de procédure pénale : deux textes complémentaires

Les deux textes fondateurs du droit pénal guinéen — adoptés ensemble en 2016 — répondent à deux questions juridiques distinctes mais complémentaires. Aucun procès pénal n'est possible sans l'application conjointe des deux.

Code pénal

Loi L/2016/059/AN — le droit pénal de fond

Définit les infractions (crimes, délits, contraventions) et les peines encourues. Répond aux questions : « qu'est-ce qui est interdit ? », « que risque-t-on ? ». Contient notamment l'abolition de la peine de mort et l'introduction des crimes internationaux, de la torture et de la cybercriminalité. Consulter le guide du Code pénal →

Code de procédure pénale

Loi L/2016/060/AN — le droit pénal de forme

Organise le déroulement de la procédure : enquête, garde à vue, instruction, détention provisoire, jugement, voies de recours. Répond aux questions : « comment constate-t-on une infraction ? », « qui instruit ? », « qui juge ? », « quels sont les droits des personnes impliquées ? ». C'est le texte que vous consultez ici.

Une infraction définie par le Code pénal n'existe concrètement devant les juridictions guinéennes que si le Code de procédure pénale est respecté à chaque étape : sans PV régulier, sans respect de la garde à vue, sans notification des droits, les preuves peuvent être écartées et les poursuites annulées. Inversement, une procédure pénale ne peut aboutir à une condamnation qu'en application d'un texte incriminateur du Code pénal, en vertu du principe de légalité.

La réforme pénale de 2016

Avant 2016, la procédure pénale en Guinée reposait sur un texte ancien, hérité pour l'essentiel de la période postcoloniale et partiellement amendé au fil des années. Ce cadre ne répondait plus aux exigences contemporaines du procès équitable ni aux engagements internationaux de la République de Guinée (Pacte international relatif aux droits civils et politiques, Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, Convention contre la torture).

La réforme de 2016 — adoption conjointe du Code pénal et du Code de procédure pénale — a été présentée comme une refondation du droit pénal guinéen. Elle poursuit plusieurs objectifs : renforcer les droits de la défense, notamment l'accès à l'avocat dès le début de la garde à vue ; encadrer strictement la détention provisoire en consacrant le principe de la liberté ; moderniser le rôle du juge d'instruction et du procureur ; adapter la procédure aux nouvelles formes de criminalité (organisée, financière, numérique) ; et garantir un meilleur accès de la victime à la procédure et à la réparation.

Les acteurs de la procédure pénale

Le Code de procédure pénale guinéen organise l'intervention d'acteurs distincts, dont chacun joue un rôle précis et indépendant dans la chaîne pénale :

  • La police judiciaire (officiers de police judiciaire — OPJ — et agents de police judiciaire — APJ) : constate les infractions, recueille les preuves, recherche les auteurs. Elle agit sous la direction du procureur de la République ou du juge d'instruction.
  • Le ministère public (parquet), dirigé par le procureur de la République au niveau du tribunal, et par le procureur général près la Cour suprême au niveau national : exerce l'action publique au nom de la société.
  • Le juge d'instruction : magistrat indépendant chargé, dans les affaires complexes et obligatoirement en matière criminelle, de rassembler et d'apprécier les preuves à charge et à décharge.
  • Les juridictions de jugement : tribunaux de première instance (pour les contraventions et délits), cours d'assises (pour les crimes), cours d'appel et, en dernier lieu, la Cour suprême statuant en cassation.
  • L'avocat : assiste la personne poursuivie dès la garde à vue et tout au long de la procédure, garantit le contradictoire et prépare la défense. La victime peut également être assistée d'un avocat.
  • Le greffe et les auxiliaires de justice : tiennent les registres, notifient les actes, organisent matériellement la procédure.

Enquête préliminaire et flagrance

Le Code de procédure pénale guinéen distingue deux cadres principaux d'enquête menée par la police judiciaire avant toute instruction :

  • L'enquête préliminaire est le cadre de droit commun. Elle est diligentée sur instruction du procureur de la République (ou d'office par la police) dans des conditions de droit commun, c'est-à-dire sans pouvoirs coercitifs particuliers : les perquisitions supposent en principe l'assentiment exprès de l'occupant, les auditions sont libres.
  • L'enquête de flagrance intervient lorsqu'une infraction vient d'être commise, est en train de se commettre, ou lorsque, dans un temps très voisin de l'action, la personne est poursuivie par la clameur publique. Elle ouvre des pouvoirs renforcés à la police : perquisition sans assentiment, placement en garde à vue, saisies, auditions sous contrainte, dans les conditions et pour la durée fixées par le Code.

Au terme de l'enquête, le procureur de la République apprécie les suites à donner : classement sans suite, poursuite directe devant le tribunal pour les délits simples, citation à comparaître, ou requérir l'ouverture d'une information judiciaire confiée à un juge d'instruction pour les affaires complexes et obligatoirement en matière criminelle.

La garde à vue et ses garanties

La garde à vue est la mesure par laquelle une personne suspectée d'avoir commis ou tenté de commettre une infraction est retenue dans les locaux de la police judiciaire, pour les nécessités de l'enquête. Elle est strictement encadrée par le Code de procédure pénale guinéen, qui a considérablement renforcé en 2016 les droits du gardé à vue.

La durée de principe est de 48 heures, qui peut être prolongée par décision écrite du procureur ou du juge d'instruction dans les cas prévus par la loi (criminalité organisée, terrorisme, trafic de stupéfiants notamment), selon des durées maximales plafonnées par le Code. Toute prolongation doit être motivée et contrôlée par un magistrat.

Le gardé à vue bénéficie de droits impératifs, dont la violation peut entraîner la nullité des actes :

  • Notification des faits reprochés et de la qualification retenue.
  • Droit à un avocat dès le début de la mesure, avec possibilité d'entretien confidentiel.
  • Droit d'informer un proche (famille, employeur) de la mesure.
  • Droit à un examen médical à la demande et à intervalles réguliers.
  • Droit de se taire et obligation pour les enquêteurs d'en informer l'intéressé.
  • Droit à un interprète si la personne ne comprend pas le français.

L'instruction par le juge d'instruction

L'instruction (ou information judiciaire) est la phase de la procédure pénale au cours de laquelle un juge d'instruction — magistrat indépendant — rassemble les preuves à charge et à décharge avant le renvoi éventuel de l'affaire devant une juridiction de jugement. Elle est obligatoire en matière criminelle et facultative pour les délits complexes.

Le juge d'instruction dispose de larges pouvoirs : auditions, confrontations, perquisitions, commissions rogatoires, expertises, interceptions téléphoniques dans les conditions prévues par la loi. Il procède à la mise en examen des personnes à l'encontre desquelles il existe des indices graves ou concordants d'avoir participé aux faits, et peut également entendre des personnes comme témoins assistés (statut intermédiaire entre témoin et mis en examen).

À la clôture de l'instruction, le juge rend une ordonnance : non-lieu (lorsque les charges sont insuffisantes), renvoi devant le tribunal correctionnel (pour les délits), ou mise en accusation devant la cour d'assises (pour les crimes). Les parties peuvent faire appel des ordonnances du juge d'instruction devant la chambre d'accusation de la cour d'appel.

Détention provisoire et contrôle judiciaire

Le principe fondamental posé par le Code de procédure pénale guinéen est que la personne mise en examen demeure libre pendant l'instruction. La détention provisoire — placement en maison d'arrêt avant le jugement — est une mesure exceptionnelle, qui ne peut être ordonnée que pour des motifs limitativement énumérés par la loi :

  • Nécessité de l'enquête (éviter la destruction de preuves, la pression sur les témoins).
  • Prévention du renouvellement de l'infraction.
  • Risque de fuite ou d'insuffisance de garanties de représentation.
  • Trouble exceptionnel à l'ordre public causé par l'infraction.
  • Protection de la personne mise en examen elle-même (dans certains cas particuliers).

Le contrôle judiciaire constitue une alternative moins contraignante : la personne reste libre mais est soumise à des obligations (ne pas quitter un territoire, se présenter régulièrement aux autorités, ne pas rencontrer certaines personnes, déposer une caution). La détention provisoire n'est ordonnée que lorsque le contrôle judiciaire s'avère insuffisant.

La durée de la détention provisoire est plafonnée par le Code et son prolongement fait l'objet d'un contrôle régulier. La personne détenue provisoirement peut à tout moment demander sa mise en liberté, et les décisions de refus peuvent faire l'objet d'un appel. Si elle est finalement relaxée ou acquittée, elle peut prétendre à une indemnisation pour la détention subie à tort.

Les juridictions de jugement

Le Code de procédure pénale guinéen organise la compétence des juridictions de jugement selon la nature de l'infraction :

Contraventions

Tribunal de première instance

Juge en formation simple les infractions les moins graves, punies d'amende.

Délits

Tribunal correctionnel

Composition collégiale de magistrats professionnels. Juge les délits punis d'emprisonnement et/ou d'amende.

Crimes

Cour d'assises

Juridiction spécialisée compétente pour les crimes (meurtre, viol, crimes internationaux). Composition incluant des magistrats professionnels et, selon le modèle retenu, des assesseurs ou jurés.

Mineurs

Juridictions pour mineurs

Juridictions spéciales (juge des enfants, tribunal pour enfants) compétentes pour les infractions commises par des mineurs, avec une procédure adaptée privilégiant la réinsertion.

Le jugement respecte les principes fondamentaux du procès équitable : publicité des débats (sauf huis clos exceptionnel), oralité, contradictoire, motivation des décisions. La juridiction statue à la fois sur la culpabilité et, lorsqu'elle retient la culpabilité, sur la peine applicable en référence au Code pénal guinéen. Elle peut également statuer sur les intérêts civils si la victime s'est constituée partie civile.

Voies de recours : appel, pourvoi, révision

Toute décision pénale peut, dans les conditions prévues par le Code de procédure pénale guinéen, faire l'objet d'une voie de recours, qui garantit à la personne poursuivie comme à la victime le droit de faire réexaminer leur affaire.

  • L'opposition est ouverte contre les décisions rendues par défaut (lorsque le prévenu n'a pas comparu malgré une citation régulière). Elle permet un nouvel examen de l'affaire par la même juridiction.
  • L'appel permet de soumettre la décision de première instance à une juridiction supérieure (cour d'appel pour les contraventions et délits, cour d'assises d'appel pour les crimes). L'appel porte à la fois sur les faits et sur le droit.
  • Le pourvoi en cassation devant la Cour suprême de Guinée ne permet pas un nouvel examen des faits : la Cour suprême contrôle exclusivement l'application de la loi, la motivation et la régularité de la procédure. Elle peut casser la décision et renvoyer l'affaire devant une autre juridiction.
  • Le recours en révision est une voie extraordinaire, ouverte dans des cas limités (fait nouveau, preuve d'innocence) au bénéfice d'un condamné définitivement.

La place de la victime et la partie civile

Le Code de procédure pénale guinéen reconnaît à la victime d'une infraction plusieurs droits, dont celui de participer activement à la procédure en se constituant partie civile. Ce statut lui permet d'être informée, d'être assistée d'un avocat, d'exercer certaines voies de recours et, surtout, de demander réparation devant la juridiction pénale.

La constitution de partie civile peut être effectuée selon deux modalités :

  • Par voie d'intervention au cours d'une procédure déjà ouverte par le procureur, en déclarant au greffe ou à l'audience se constituer partie civile.
  • Par voie d'action (plainte avec constitution de partie civile devant le juge d'instruction), qui peut déclencher l'action publique lorsque le procureur n'a pas poursuivi, sous réserve du versement d'une consignation.

La juridiction pénale statue sur les intérêts civils de la partie civile en même temps que sur la culpabilité et la peine : elle peut condamner l'auteur de l'infraction à réparer le préjudice subi (dommages et intérêts, frais de justice). Cette possibilité de réparation devant le juge pénal évite à la victime de devoir engager séparément une action devant le juge civil.

Comment consulter le Code de procédure pénale guinéen

Le Code de procédure pénale guinéen 2016 est consultable gratuitement et intégralement sur Droitguinéen, le portail juridique de référence du droit guinéen. Il est particulièrement utile de le consulter en parallèle du Code pénal guinéen, avec lequel il forme le socle indissociable du droit pénal guinéen :

  • Lecture en ligne : navigation par livre, titre, chapitre et article, avec table des matières interactive.
  • Recherche plein texte : recherche par mot-clé (« garde à vue », « mandat de dépôt », « flagrance », « assises », « pourvoi »), avec mise en surbrillance des résultats.
  • Téléchargement : export aux formats PDF, DOCX ou HTML pour consultation hors ligne (utile pour les avocats, magistrats et officiers de police judiciaire en déplacement).
  • Citation officielle : références juridiques formatées prêtes à l'emploi pour les réquisitions, ordonnances, jugements et arrêts.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le Code de procédure pénale guinéen ?+

Le Code de procédure pénale guinéen est la loi qui organise en République de Guinée la procédure pénale — c'est-à-dire l'ensemble des règles qui gouvernent la manière dont les infractions sont constatées, poursuivies, instruites, jugées et, le cas échéant, rejugées en appel ou en cassation. Il a été adopté sous la référence Loi L/2016/060/AN en octobre 2016, en parallèle du nouveau Code pénal guinéen (Loi L/2016/059/AN). Ensemble, ces deux textes forment le socle du droit pénal guinéen moderne.

Quelle est la différence entre le Code pénal et le Code de procédure pénale ?+

Le Code pénal guinéen (Loi L/2016/059/AN) définit les infractions et les peines : il répond à la question « ce qui est interdit et ce que l'on risque ». Le Code de procédure pénale guinéen (Loi L/2016/060/AN), au contraire, organise la procédure : il répond à la question « comment constate-t-on l'infraction, comment poursuit-on son auteur, comment est-il jugé et par quelle juridiction, quels sont ses droits et ceux de la victime ». Les deux codes sont complémentaires et doivent être appliqués ensemble.

Quand le Code de procédure pénale guinéen a-t-il été adopté ?+

Le Code de procédure pénale guinéen actuel a été voté par l'Assemblée nationale et promulgué sous la référence Loi L/2016/060/AN en octobre 2016. Il a été adopté en parallèle du nouveau Code pénal (L/2016/059/AN) dans le cadre d'une réforme d'ensemble du droit pénal guinéen, destinée à moderniser la procédure, renforcer les droits de la défense et mettre la Guinée en conformité avec ses engagements internationaux en matière de procès équitable.

Quelle est la durée de la garde à vue en Guinée ?+

Selon le Code de procédure pénale guinéen, la garde à vue ne peut en principe excéder 48 heures. Cette durée peut être prolongée par décision écrite du procureur de la République ou du juge d'instruction, dans les cas prévus par la loi et selon la nature de l'infraction (notamment en matière de criminalité organisée, de terrorisme ou de trafic de stupéfiants). La personne gardée à vue bénéficie de droits protégés par la loi : information sur les faits reprochés, droit à un avocat, droit à un examen médical, droit d'informer un proche.

Qu'est-ce que la détention provisoire ?+

La détention provisoire est le placement en prison d'une personne mise en examen avant son jugement, décidée par le juge d'instruction ou par une juridiction dans les conditions strictes définies par le Code de procédure pénale guinéen. Elle est exceptionnelle : la règle est la liberté, et la détention provisoire ne peut être ordonnée que pour des motifs limitativement énumérés (nécessité de l'enquête, éviter la fuite, protéger les témoins, prévenir le renouvellement de l'infraction). Sa durée est encadrée et peut faire l'objet de demandes de mise en liberté à tout moment.

Quels sont les droits de la personne poursuivie en Guinée ?+

Le Code de procédure pénale guinéen consacre plusieurs droits fondamentaux pour la personne poursuivie : la présomption d'innocence, le droit à un procès équitable, le droit d'être informé des faits reprochés et des preuves, le droit à un avocat dès le début de la garde à vue, le droit de se taire, le droit à un interprète si nécessaire, le droit d'interroger les témoins, et le droit d'exercer les voies de recours. Ces droits sont conformes aux standards internationaux et garantis par la Constitution guinéenne.

Qui est le procureur de la République en Guinée ?+

Le procureur de la République est le magistrat du ministère public qui dirige l'action publique au nom de la société. Dans le cadre du Code de procédure pénale guinéen, il reçoit les plaintes et dénonciations, dirige l'enquête préliminaire des officiers et agents de police judiciaire, décide des suites à donner aux affaires (classement sans suite, poursuite, ouverture d'instruction), requiert l'application de la loi devant les juridictions de jugement, et exerce les voies de recours. Le parquet est hiérarchisé, dirigé en dernier ressort par le procureur général près la Cour suprême.

Qu'est-ce qu'une cour d'assises en République de Guinée ?+

La cour d'assises est la juridiction compétente en Guinée pour juger les crimes (infractions les plus graves passibles de réclusion criminelle, notamment meurtre, viol, crimes internationaux). Composée de magistrats professionnels et, selon le modèle retenu par la loi, d'assesseurs ou de jurés, elle statue après audience publique sur la culpabilité et prononce la peine. Ses décisions peuvent faire l'objet d'un appel devant la cour d'assises d'appel, puis d'un pourvoi en cassation devant la Cour suprême.

Quelles sont les voies de recours en matière pénale en Guinée ?+

Le Code de procédure pénale guinéen organise plusieurs voies de recours contre les décisions pénales : l'opposition (contre les décisions rendues par défaut, lorsque le prévenu n'a pas comparu), l'appel (contre les jugements rendus en premier ressort, devant la cour d'appel pour les délits ou la cour d'assises d'appel pour les crimes), et le pourvoi en cassation (contre les décisions définitives, devant la Cour suprême, qui ne juge pas à nouveau les faits mais contrôle l'application de la loi). Des recours extraordinaires (révision) sont également prévus dans des cas limités.

La victime peut-elle se constituer partie civile en Guinée ?+

Oui. Le Code de procédure pénale guinéen permet à toute personne qui a subi un préjudice directement causé par une infraction de se constituer partie civile pour obtenir réparation. La constitution de partie civile peut être effectuée par voie d'action (plainte avec constitution devant le juge d'instruction qui déclenche alors l'action publique, sous conditions) ou par voie d'intervention (au cours d'une procédure déjà ouverte par le procureur). La partie civile peut demander des dommages et intérêts à la juridiction pénale, qui statue en même temps sur la culpabilité et sur la réparation.

Quelle est la différence entre enquête préliminaire, enquête de flagrance et instruction ?+

L'enquête préliminaire est diligentée par la police judiciaire sous le contrôle du procureur dans des conditions de droit commun, sans pouvoirs coercitifs particuliers. L'enquête de flagrance intervient lorsqu'une infraction vient d'être commise ou est en train de se commettre, et ouvre des pouvoirs d'investigation renforcés (perquisition sans assentiment, garde à vue). L'instruction (ou information judiciaire) est menée par un juge d'instruction dans les affaires complexes ou obligatoirement en matière criminelle : elle vise à rassembler et à apprécier les preuves avant le jugement. Ces trois phases sont encadrées par le Code de procédure pénale guinéen.

Comment citer le Code de procédure pénale guinéen dans un document juridique ?+

La citation officielle du Code de procédure pénale guinéen est : « Loi L/2016/060/AN portant Code de procédure pénale de la République de Guinée ». Pour un article précis, on indique : « Article X du Code de procédure pénale guinéen, Loi L/2016/060/AN ». Cette référence est utilisée dans les procès-verbaux de police, les réquisitoires du parquet, les ordonnances du juge d'instruction, les jugements et arrêts rendus par les juridictions de la République de Guinée.

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