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Droitguinéen

Code des douanes de la République de Guinée

Code des douanes guinéen 2015

Texte intégral, droits de douane, TVA à l'importation, régimes douaniers et contentieux selon le Code des douanes guinéen adopté en 2015, aligné sur le Tarif Extérieur Commun (TEC) de la CEDEAO. Mise à la consommation, transit, entrepôt, admission temporaire, exonérations, fraude douanière : consultation gratuite et téléchargement PDF.

Code des douanes 2015Adopté en 2015En vigueur en République de Guinée
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Sommaire

  1. Qu'est-ce que le Code des douanes guinéen ?
  2. La refonte de 2015 et les engagements CEDEAO
  3. Champ d'application et territoire douanier
  4. Les acteurs : douane, déclarant, commissionnaire
  5. Les régimes douaniers (consommation, transit, entrepôt…)
  6. Droits, taxes et calcul de la valeur en douane
  7. Le Tarif Extérieur Commun (TEC) CEDEAO
  8. Contrôles douaniers et procédures
  9. Exonérations et régimes incitatifs
  10. Infractions douanières et contentieux
  11. Comment consulter le Code des douanes guinéen
  12. Questions fréquentes

Qu'est-ce que le Code des douanes guinéen ?

Le Code des douanes guinéen est la loi qui régit en République de Guinée l'ensemble des opérations douanières portant sur des marchandises franchissant les frontières du territoire douanier : importation, exportation, transit, entreposage, perfectionnement, admission temporaire. Il définit le statut des opérateurs (importateurs, exportateurs, commissionnaires en douane, transporteurs), les régimes douaniers applicables, les droits et taxes à acquitter, les contrôles et vérifications de l'administration des douanes, ainsi que le régime des infractions douanières et du contentieux qui en découle.

Adopté en 2015 dans le cadre d'une refonte d'ensemble, il constitue aujourd'hui le cadre juridique de référence du commerce extérieur guinéen. Il s'applique à toute personne physique ou morale, nationale ou étrangère, qui réalise des opérations commerciales d'importation ou d'exportation à destination ou en provenance du territoire de la République de Guinée.

Le Code des douanes guinéen s'articule étroitement avec les engagements pris par la République de Guinée au sein de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) — notamment via le Tarif Extérieur Commun (TEC) entré en vigueur en 2015 — et de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), dont la Guinée est membre. Il intègre par ailleurs les standards de l'Organisation Mondiale des Douanes (OMD).

La refonte de 2015 et les engagements CEDEAO

Avant 2015, la matière douanière en Guinée reposait sur un Code des douanes adopté à la fin des années 1980, profondément remanié au fil des décennies par de nombreuses lois et décrets sectoriels. Cette accumulation rendait le droit douanier guinéen difficilement lisible et freinait la modernisation des procédures, à un moment où les volumes du commerce extérieur guinéen et les exigences des opérateurs internationaux progressaient fortement (notamment dans le secteur minier, des hydrocarbures et de l'agro-industrie).

La refonte de 2015 répond à plusieurs objectifs : moderniser et informatiser les procédures douanières (déploiement du système ASYCUDA / SYDONIA pour la déclaration électronique), aligner la législation guinéenne sur les standards internationaux de l'OMD (Convention de Kyoto révisée) et de l'OMC (évaluation en douane, règles d'origine), et surtout intégrer pleinement les engagements pris par la République de Guinée dans le cadre du Tarif Extérieur Commun de la CEDEAO, entré en vigueur cette même année 2015 — pierre angulaire de l'intégration commerciale ouest-africaine.

Champ d'application et territoire douanier

Le territoire douanier guinéen correspond, en règle générale, au territoire national de la République de Guinée tel que défini par la Constitution. Le Code des douanes peut cependant prévoir l'exclusion ou l'inclusion de certaines zones spécifiques (zones franches, zones sous régime particulier). Le franchissement des frontières du territoire douanier — par voie maritime, terrestre ou aérienne — déclenche l'application des règles douanières.

Le Code distingue les principales opérations soumises à la réglementation douanière :

  • Importation : entrée d'une marchandise étrangère sur le territoire douanier en vue de sa mise à la consommation, de son entreposage ou de sa transformation.
  • Exportation : sortie d'une marchandise nationale ou nationalisée hors du territoire douanier.
  • Transit : passage par le territoire douanier guinéen d'une marchandise destinée à un autre pays, sans entrée dans le circuit économique national.
  • Réexportation : sortie d'une marchandise précédemment importée et placée sous un régime suspensif (entrepôt, admission temporaire).
  • Cabotage : transport de marchandises entre deux points du territoire douanier.

Les acteurs : douane, déclarant, commissionnaire

Plusieurs acteurs interviennent dans le déroulement d'une opération douanière en République de Guinée :

  • L'administration des douanes guinéennes : régie financière placée sous la tutelle du ministère chargé des Finances, dont les agents (inspecteurs, contrôleurs, brigadiers) accomplissent les missions de surveillance, de vérification, de liquidation et de recouvrement des droits et taxes, ainsi que la lutte contre la fraude.
  • Le déclarant : personne qui établit et dépose la déclaration en douane, en son nom propre ou pour le compte d'autrui. Le déclarant est responsable de l'exactitude des énonciations de la déclaration.
  • Le commissionnaire en douane (ou transitaire agréé) : professionnel agréé par l'administration, seul habilité à effectuer les opérations de dédouanement pour le compte d'autrui. Il est solidairement responsable du paiement des droits avec son client.
  • L'importateur ou l'exportateur : personne pour le compte de laquelle l'opération est réalisée. Il reste in fine responsable de la conformité de l'opération et du paiement des droits.
  • Le transporteur (compagnies maritimes, aériennes, transporteurs routiers) : tenu de remplir certaines formalités (manifestes, déclarations sommaires) et responsable des marchandises sous sa garde.

Les régimes douaniers (consommation, transit, entrepôt…)

Le Code des douanes guinéen organise plusieurs régimes douaniers, qui correspondent aux différentes utilisations possibles d'une marchandise importée. Le choix du régime détermine le sort fiscal de la marchandise et les obligations de l'opérateur :

Mise à la conso.

Mise à la consommation

Régime de droit commun. La marchandise acquitte tous les droits et taxes exigibles et entre librement dans le circuit économique guinéen.

Transit

Régime du transit

La marchandise traverse le territoire douanier guinéen pour rejoindre un autre pays, en suspension des droits, sous garantie et avec contrôle des bureaux d'entrée et de sortie.

Entrepôt

Entrepôt douanier

Stockage de marchandises non encore dédouanées dans des locaux soumis au contrôle de la douane, en suspension des droits, jusqu'à leur destination définitive (consommation, réexportation).

Admission temp.

Admission temporaire

Importation pour une durée limitée et un usage spécifique, en suspension des droits (matériels de chantier, équipements de tournage cinématographique, échantillons commerciaux).

Perfectionnement

Perfectionnement actif et passif

Importation de matières premières destinées à être transformées puis réexportées (perfectionnement actif), ou exportation temporaire pour transformation à l'étranger (perfectionnement passif).

Drawback

Drawback (remboursement)

Remboursement total ou partiel des droits acquittés sur des intrants utilisés pour fabriquer des produits ensuite réexportés. Encourage la transformation locale.

Zone franche

Zones franches et entrepôts francs

Régimes spéciaux dans des espaces géographiques délimités, où les marchandises sont considérées comme se trouvant hors du territoire douanier pour le paiement des droits.

Chaque régime est assorti de conditions précises (cautionnement, délais, contrôles), dont le non-respect peut entraîner la requalification en mise à la consommation et le paiement de la totalité des droits, accompagné de sanctions douanières.

Droits, taxes et calcul de la valeur en douane

Toute marchandise mise à la consommation en République de Guinée est en principe soumise à un ensemble de prélèvements liés à l'opération douanière :

  • Droit de douane : prélèvement ad valorem (calculé en pourcentage de la valeur en douane) selon le Tarif Extérieur Commun de la CEDEAO, avec des taux variant selon la catégorie de marchandise.
  • TVA à l'importation : Taxe sur la Valeur Ajoutée applicable au taux de droit commun, calculée sur la valeur en douane majorée des droits de douane et autres taxes.
  • Redevance de traitement des liquidations (RTL) ou frais administratifs équivalents.
  • Prélèvements communautaires : prélèvement communautaire (CEDEAO) et prélèvement communautaire de solidarité, qui financent les institutions régionales.
  • Taxes spécifiques : pour certains produits (tabacs, alcools, hydrocarbures, véhicules, télécommunications), des accises ou taxes complémentaires peuvent s'appliquer.

La valeur en douane est la base sur laquelle sont calculés les droits ad valorem. Conformément à l'Accord de l'OMC sur l'évaluation en douane (article VII du GATT), elle correspond en principe à la valeur transactionnelle — prix effectivement payé ou à payer pour la marchandise vendue pour l'exportation à destination du territoire douanier guinéen, ajusté pour intégrer les frais de transport, d'assurance et de manutention jusqu'au point d'entrée. Lorsque la valeur transactionnelle ne peut être retenue (relations entre parties liées, prix anormalement bas), le Code prévoit des méthodes alternatives d'évaluation (valeur de marchandises identiques ou similaires, valeur déductive, valeur calculée).

Le Tarif Extérieur Commun (TEC) CEDEAO

Le Tarif Extérieur Commun (TEC) de la CEDEAO est l'outil tarifaire commun appliqué de manière uniforme par les quinze États membres de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest, dont la République de Guinée. Entré en vigueur en 2015 — concomitamment à la refonte du Code des douanes guinéen — il classe l'ensemble des marchandises importées en provenance de pays tiers en cinq catégories tarifaires :

Cat. 0

Biens sociaux essentiels

Taux 0 % — médicaments, certains produits agricoles essentiels, biens à fort impact social.

Cat. 1

Matières premières et biens d'équipement

Taux 5 % — intrants industriels, biens d'équipement nécessaires à la production locale.

Cat. 2

Biens intermédiaires

Taux 10 % — produits semi-finis, intrants pour la transformation.

Cat. 3

Biens de consommation finale

Taux 20 % — biens de consommation courante.

Cat. 4

Biens spécifiques

Taux 35 % — biens dont la production locale est jugée stratégique pour la diversification économique régionale.

Le TEC s'accompagne de mesures complémentaires — taxes complémentaires de protection (TCP), taxe d'ajustement à l'importation (TAI), mesures de sauvegarde — destinées à protéger ponctuellement les filières sensibles ou à corriger des distorsions du marché. À l'intérieur de l'espace CEDEAO, les marchandises originaires des États membres circulent en principe en franchise de droits dans le cadre du Schéma de Libéralisation des Échanges (SLE).

Contrôles douaniers et procédures

L'administration des douanes guinéennes dispose, en vertu du Code des douanes, de larges pouvoirs de contrôle destinés à vérifier la sincérité des déclarations, à détecter la fraude et à préserver les recettes douanières :

  • Contrôle documentaire : vérification de la déclaration en douane, des factures, des connaissements ou lettres de transport, des certificats d'origine, des autorisations préalables.
  • Visite (contrôle physique) : inspection physique de la marchandise, du conteneur ou du moyen de transport, le cas échéant avec déballage et prélèvement d'échantillons.
  • Contrôle a posteriori : vérification des opérations dédouanées dans les locaux de l'importateur ou de l'exportateur, avec examen des écritures comptables et des documents commerciaux, dans le délai de prescription prévu par le Code.
  • Pouvoirs spéciaux de la brigade douanière : interpellations, fouilles des moyens de transport, droit de visite domiciliaire dans les conditions fixées par la loi, constatations en matière de contrebande.
  • Coopération internationale : échange d'informations avec les administrations douanières d'autres États dans le cadre des accords multilatéraux (OMD, CEDEAO, accords bilatéraux d'assistance mutuelle administrative).

Les opérations sont aujourd'hui en grande partie informatisées via le système ASYCUDA / SYDONIA (Système douanier automatisé de gestion des informations douanières) qui permet la dématérialisation des déclarations, l'analyse de risque et le ciblage des contrôles.

Exonérations et régimes incitatifs

Le Code des douanes guinéen et les régimes incitatifs sectoriels prévoient plusieurs catégories d'exonérations totales ou partielles de droits de douane et taxes :

  • Exonérations diplomatiques et assimilées : missions diplomatiques étrangères, organisations internationales accréditées en Guinée, dans les conditions des conventions internationales (Convention de Vienne).
  • Exonérations en faveur de projets agréés : entreprises bénéficiaires d'avantages fiscaux et douaniers au titre du Code minier, du Code pétrolier, du Code des investissements ou de conventions spécifiques (zones économiques spéciales, accords sectoriels).
  • Exonérations à caractère humanitaire ou social : matériels destinés à l'éducation, à la santé, aux ONG humanitaires reconnues, aide alimentaire d'urgence.
  • Régimes préférentiels : marchandises originaires des États membres de la CEDEAO admises en franchise dans le cadre du Schéma de Libéralisation des Échanges, régimes préférentiels au titre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), accords commerciaux bilatéraux.

Toute exonération est subordonnée à des conditions précises (agrément préalable, justification de la destination effective des marchandises, contrôles a posteriori), et son utilisation détournée constitue une infraction douanière sanctionnée par le rappel des droits et des amendes.

Infractions douanières et contentieux

Le Code des douanes guinéen prévoit un régime spécifique des infractions douanières, distinct du droit pénal commun mais qui s'y articule (en particulier avec le Code pénal guinéen pour les peines d'emprisonnement). Les infractions sont généralement classées selon leur gravité :

  • Contraventions douanières : manquements administratifs aux formalités (déclarations tardives, erreurs matérielles, défauts de présentation de documents), généralement sanctionnés par des amendes proportionnées.
  • Délits douaniers : importations ou exportations sans déclaration, fausses déclarations (sur la nature, l'origine, la valeur ou la quantité), contrebande, fraude organisée, blanchiment de fraude douanière. Sanctionnés par des amendes lourdes (souvent un multiple des droits éludés ou de la valeur des marchandises) et, pour les cas les plus graves, par des peines d'emprisonnement.
  • Confiscation des marchandises de fraude et des moyens de transport ayant servi à l'infraction, ainsi que des objets ayant servi à dissimuler la fraude.
  • Solidarité : les co-auteurs, complices et intéressés à la fraude sont solidairement tenus du paiement des amendes et droits.

Le contentieux douanier comporte deux volets : un contentieux administratif (réclamations, recours hiérarchique, médiation, transactions douanières) et un contentieux juridictionnel devant les juridictions compétentes (tribunal de première instance statuant en matière douanière, cour d'appel, Cour suprême en cassation). Le Code des douanes prévoit également la possibilité, sous conditions, d'une transaction douanière : accord entre l'administration et le redevable qui éteint l'action publique en contrepartie du paiement d'une somme.

Comment consulter le Code des douanes guinéen

Le Code des douanes guinéen 2015 est consultable gratuitement et intégralement sur Droitguinéen, le portail juridique de référence du droit guinéen. La plateforme est particulièrement utile aux importateurs, exportateurs, commissionnaires en douane, juristes d'affaires et investisseurs internationaux souhaitant maîtriser le cadre douanier guinéen :

  • Lecture en ligne : navigation par livre, titre, chapitre et article, avec table des matières interactive.
  • Recherche plein texte : recherche par mot-clé sur l'intégralité du Code des douanes (par exemple « valeur en douane », « transit », « entrepôt », « contrebande », « TEC », « exonération »), avec mise en surbrillance des résultats.
  • Téléchargement : export aux formats PDF, DOCX ou HTML pour consultation hors ligne — utile sur le terrain, en bureau de douane ou en zone portuaire.
  • Citation officielle : références juridiques formatées prêtes à l'emploi pour les déclarations, contrats internationaux, conclusions d'avocats et décisions de justice.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le Code des douanes guinéen ?+

Le Code des douanes guinéen est la loi qui régit en République de Guinée l'ensemble des opérations douanières : importation, exportation, transit, entreposage, perfectionnement et toutes les opérations économiques portant sur des marchandises franchissant les frontières du territoire douanier guinéen. Il définit le statut des opérateurs (importateurs, exportateurs, commissionnaires en douane), les régimes douaniers, les droits et taxes applicables, les contrôles et vérifications, ainsi que le régime des infractions et du contentieux douanier. Adopté en 2015, il s'articule avec les engagements régionaux de la Guinée au sein de la CEDEAO.

Quand le Code des douanes guinéen a-t-il été adopté ?+

Le Code des douanes guinéen actuel a été adopté en 2015, en remplacement du Code des douanes précédent qui datait de la fin des années 1980 et avait fait l'objet de nombreuses modifications partielles. Cette refonte avait notamment pour objectifs de moderniser les procédures douanières (informatisation des déclarations via le système ASYCUDA/SYDONIA), d'aligner la législation guinéenne sur les standards de l'Organisation Mondiale des Douanes (OMD), et d'intégrer plus pleinement les engagements pris par la République de Guinée dans le cadre du Tarif Extérieur Commun (TEC) de la CEDEAO entré en vigueur en 2015.

Quels sont les droits et taxes à l'importation en Guinée ?+

Toute marchandise importée en République de Guinée est soumise à plusieurs prélèvements douaniers et fiscaux : le droit de douane (calculé selon le Tarif Extérieur Commun de la CEDEAO, avec des taux variant selon la catégorie de marchandise — biens de première nécessité, biens intermédiaires, biens de consommation, biens spécifiques), la TVA à l'importation, la redevance de traitement des liquidations (RTL), le prélèvement communautaire et le prélèvement communautaire de solidarité (au profit de la CEDEAO et de l'UEMOA), ainsi que des taxes spécifiques selon les produits (tabacs, alcools, hydrocarbures). Le calcul s'effectue sur la valeur en douane de la marchandise, déterminée selon les règles de l'Accord OMC sur l'évaluation en douane.

Comment se calcule la valeur en douane d'une marchandise en Guinée ?+

La valeur en douane est la base sur laquelle sont calculés les droits et taxes ad valorem. Conformément à l'Accord de l'OMC sur l'évaluation en douane (article VII du GATT) repris par le Code des douanes guinéen, elle correspond en principe à la valeur transactionnelle, c'est-à-dire au prix effectivement payé ou à payer pour la marchandise lorsqu'elle est vendue pour l'exportation à destination du territoire douanier guinéen, ajusté pour tenir compte des frais de transport, d'assurance et de manutention jusqu'au point d'entrée. Lorsque la valeur transactionnelle ne peut être retenue, des méthodes alternatives sont utilisées (valeur de marchandises identiques, valeur déductive, valeur calculée).

Qu'est-ce que le Tarif Extérieur Commun (TEC) CEDEAO ?+

Le Tarif Extérieur Commun (TEC) de la CEDEAO est le système tarifaire appliqué de manière uniforme par les quinze États membres de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest, dont la République de Guinée, à leurs importations en provenance des pays tiers. Entré en vigueur en 2015, il classe les marchandises en cinq catégories tarifaires (de 0% à 35%) selon leur nature : biens sociaux essentiels, matières premières et biens d'équipement, biens intermédiaires, biens de consommation finale, biens spécifiques pour le développement économique. L'objectif du TEC est d'harmoniser la politique commerciale extérieure des États membres et de renforcer l'intégration régionale.

Quels sont les principaux régimes douaniers en Guinée ?+

Le Code des douanes guinéen organise plusieurs régimes douaniers, qui correspondent aux différentes utilisations possibles d'une marchandise importée. Les principaux sont : la mise à la consommation (la marchandise acquitte les droits et taxes et entre librement dans le circuit économique), le transit (la marchandise traverse le territoire douanier sans être mise à la consommation), l'entrepôt (la marchandise est stockée sous contrôle douanier en suspension des droits), l'admission temporaire (importation pour une durée limitée avec suspension des droits, par exemple pour des matériels de chantier), le perfectionnement actif et passif (transformation suivie de réexportation), et le drawback (remboursement des droits acquittés sur des intrants ensuite réexportés).

Qu'est-ce qu'un commissionnaire en douane ou transitaire en Guinée ?+

Le commissionnaire en douane (ou transitaire agréé) est un professionnel agréé par l'administration des douanes guinéennes qui agit pour le compte d'importateurs et d'exportateurs pour accomplir les formalités douanières : établissement et dépôt de la déclaration en douane, paiement des droits et taxes, suivi des contrôles, gestion du dédouanement. Sa qualification, son agrément et ses obligations sont définis par le Code des douanes : il est solidairement responsable du paiement des droits avec son client. Pour la plupart des opérations commerciales d'importation et d'exportation en Guinée, le recours à un commissionnaire en douane est de fait incontournable.

Quelles sont les sanctions pour fraude douanière en Guinée ?+

Le Code des douanes guinéen distingue plusieurs catégories d'infractions douanières selon leur gravité : les contraventions douanières (manquements administratifs aux formalités), les délits douaniers (importations ou exportations sans déclaration, fausses déclarations, contrebande, blanchiment de fraude douanière). Les sanctions associées comprennent des amendes (souvent calculées en multiple des droits éludés ou de la valeur des marchandises), la confiscation des marchandises et des moyens de transport ayant servi à la fraude, et, pour les infractions les plus graves, des peines d'emprisonnement prévues par le Code et par le Code pénal guinéen.

Existe-t-il des exonérations douanières en Guinée ?+

Oui. Le Code des douanes guinéen et les régimes incitatifs (Code des investissements, conventions minières, Code pétrolier) prévoient plusieurs catégories d'exonérations totales ou partielles de droits de douane et taxes : exonérations diplomatiques (missions étrangères, organisations internationales), exonérations en faveur des projets agréés bénéficiaires d'avantages fiscaux et douaniers (codes incitatifs sectoriels, zones franches), exonérations pour aide humanitaire et matériels destinés à l'éducation et à la santé, ainsi que les régimes préférentiels accordés dans le cadre des accords commerciaux régionaux (CEDEAO, ZLECAf) et bilatéraux. Toute exonération doit faire l'objet d'une demande préalable et est soumise au contrôle de l'administration.

Quelles marchandises sont prohibées à l'importation en Guinée ?+

Le Code des douanes guinéen organise un régime de prohibition pour certaines catégories de marchandises, soit de manière absolue (stupéfiants, armes prohibées, contrefaçons, déchets toxiques, certains produits dangereux pour la santé ou l'environnement, marchandises portant atteinte à la sécurité nationale ou à l'ordre public), soit sous condition (produits soumis à autorisation préalable, produits soumis à quotas ou à contrôle sanitaire, certains produits stratégiques). La méconnaissance des prohibitions constitue une infraction douanière particulièrement sévèrement réprimée, avec saisie systématique des marchandises et poursuites pénales.

Comment contester une décision de l'administration des douanes ?+

Le Code des douanes guinéen organise plusieurs voies de recours contre les décisions de l'administration des douanes (liquidation, confiscation, sanction). Le redevable peut d'abord former un recours hiérarchique devant l'autorité supérieure de l'administration des douanes. À défaut de réponse satisfaisante, il peut saisir les juridictions compétentes — généralement le tribunal de première instance statuant en matière douanière, dont les décisions sont susceptibles d'appel et de pourvoi en cassation. Pour les contestations sur la valeur, l'origine ou le classement tarifaire, des procédures particulières d'expertise et d'arbitrage peuvent être prévues. Le recours à un avocat spécialisé en droit douanier est généralement recommandé.

Comment citer le Code des douanes guinéen dans un document juridique ?+

La citation officielle du Code des douanes guinéen renvoie à la loi adoptée en 2015 portant Code des douanes de la République de Guinée. Pour un article précis, on indique : « Article X du Code des douanes guinéen ». Cette référence est utilisée dans les déclarations en douane, les avis de mise en recouvrement (AMR), les procès-verbaux de l'administration des douanes, les jugements et arrêts en matière douanière, ainsi que dans les contrats internationaux de vente et de transport portant sur des marchandises destinées à ou provenant de Guinée.

Voir aussi

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