Code des assurances de la République de Guinée
Code des assurances guinéen 2016
Texte intégral, contrat d'assurance, RC automobile obligatoire, assurance vie, entreprises et intermédiaires d'assurance, supervision selon la Loi N° L/2016/034/AN portant Code des assurances de la République de Guinée. En articulation étroite avec le Code de la route (RC auto obligatoire) et le Code civil (droit des contrats). Consultation gratuite et téléchargement PDF.
Qu'est-ce que le Code des assurances guinéen ?
Le Code des assurances guinéen est la loi qui régit en République de Guinée l'ensemble des opérations d'assurance et de capitalisation. Il rassemble en un texte unique les règles applicables au contrat d'assurance (formation, exécution, extinction), aux différentes branches (vie, dommages, responsabilité civile), au statut des entreprises d'assurance et de réassurance, à celui des intermédiaires (courtiers, agents généraux, mandataires), aux obligations spécifiques (assurances obligatoires telles que la responsabilité civile automobile), à la tarification, au règlement des sinistres et au contrôle public du secteur.
Adopté par l'Assemblée nationale sous la référence Loi N° L/2016/034/AN, il constitue aujourd'hui le cadre juridique de référence pour l'ensemble des acteurs du marché guinéen de l'assurance : compagnies nationales et étrangères, intermédiaires, professionnels du risque (experts, actuaires, gestionnaires de sinistres), entreprises soumises à des assurances obligatoires, et particuliers souscripteurs.
Avec ses quelque 841 articles, le Code des assurances modernise un secteur historiquement régi par des textes épars et adapte le droit guinéen aux évolutions du marché : professionnalisation des intermédiaires, renforcement de la supervision prudentielle, encadrement des nouvelles formes d'assurance (microassurance, bancassurance, assurance santé complémentaire), et harmonisation progressive avec les standards internationaux et régionaux.
Articulation avec le Code de la route et le Code civil
Le Code des assurances ne s'applique pas isolément : il s'articule avec plusieurs autres codes du droit guinéen, dont trois liens sont particulièrement structurants :
- Code de la route guinéen (Loi L/2018/023/AN) : impose la souscription d'une assurance responsabilité civile automobile pour tout véhicule terrestre à moteur circulant sur les voies ouvertes à la circulation publique. Le Code des assurances en définit le contenu (garanties minimales, exclusions autorisées, tarification) et organise le contrôle. Consulter le guide du Code de la route →
- Code civil guinéen (Loi L/2019/035/AN, Livre V) : pose la théorie générale du contrat (consentement, capacité, objet, cause, validité, exécution, sanctions de l'inexécution) qui s'applique à titre supplétif au contrat d'assurance, et fixe les règles de la responsabilité civile dont certaines assurances (RC vie privée, RC professionnelle, RC décennale) prennent en charge la réparation. Consulter le guide du Code civil →
- Recueil bancaire et financier de la BCRG : la supervision du secteur des assurances s'inscrit dans l'écosystème plus large de la régulation financière guinéenne, avec des règles communes en matière de gouvernance, de lutte contre le blanchiment de capitaux (LBC/FT) et de protection du consommateur financier. Consulter le guide du Recueil bancaire BCRG →
Le Code des assurances s'articule également avec le Code maritime (pour les assurances corps et facultés des navires et des marchandises), le Code de la construction (pour la responsabilité décennale des constructeurs et l'assurance dommages-ouvrage), le Code du travail (pour la sécurité sociale et les accidents du travail), et le Code pénal (pour les infractions spécifiques en matière d'assurance, notamment la fraude).
Adoption en 2016 et structuration du marché
Avant 2016, le secteur de l'assurance en République de Guinée reposait sur un ensemble de textes hétérogènes, partiellement hérités de la période postcoloniale, complétés par diverses interventions législatives ponctuelles. Cette situation rendait difficile l'exercice professionnel (insécurité juridique, divergences d'interprétation), limitait l'attractivité du marché pour les investisseurs étrangers, et affaiblissait la protection des assurés.
La Loi N° L/2016/034/AN répond à ces défis en proposant un cadre juridique unifié, modernisé et inspiré des meilleures pratiques internationales et régionales. Elle accompagne plusieurs dynamiques du marché guinéen :
- Croissance des compagnies d'assurance nationales et arrivée de groupes régionaux et internationaux (notamment ouest-africains, marocains, panafricains).
- Développement de la bancassurance : distribution de produits d'assurance par les banques (assurance emprunteur, prévoyance, épargne assurance vie).
- Émergence de la microassurance : produits adaptés aux populations à faibles revenus, souvent distribués via des institutions de microfinance ou via le mobile money.
- Renforcement de la supervision publique pour protéger les assurés, garantir la solvabilité des opérateurs et lutter contre la fraude.
Le contrat d'assurance
Le contrat d'assurance est défini par le Code des assurances guinéen comme la convention par laquelle une entreprise d'assurance (l'assureur) s'engage, en cas de réalisation d'un risque ou au terme fixé, à fournir à une personne appelée assuré une prestation pécuniaire en contrepartie d'une rémunération appelée prime ou cotisation. C'est un contrat synallagmatique (obligations réciproques), aléatoire (l'exécution dépend d'un événement incertain), de bonne foi et d'adhésion (l'assuré adhère aux conditions générales fixées par l'assureur).
La police d'assurance matérialise le contrat. Elle se compose généralement :
- Conditions générales : règles communes à tous les contrats de la même nature (définitions, garanties, exclusions, déclaration de sinistre, prescription).
- Conditions particulières : éléments propres au contrat individuel (identité des parties, risque couvert, montant de la prime, durée, capital ou plafond de garantie, franchises éventuelles).
- Annexes et avenants : modifications ultérieures du contrat (changement de risque, de bénéficiaire, de garantie).
Le Code des assurances guinéen encadre la formation du contrat (déclaration sincère du risque par le souscripteur, devoir de conseil de l'assureur), son exécution (paiement de la prime, déclaration des aggravations de risque, déclaration de sinistre), sa modification, sa résiliation et sa prescription (délai limite pour agir en justice).
Assurances de personnes vs assurances de dommages
Le Code des assurances guinéen distingue deux grandes branches d'assurance, soumises à des règles partiellement différentes :
Assurances de personnes
Garantissent les risques liés à la personne physique : assurance vie (capital ou rente en cas de décès ou de survie), capitalisation (épargne avec garantie en capital), assurance contre les accidents corporels, assurance maladie et incapacité, assurance maternité. La prestation est forfaitaire (le montant est fixé d'avance dans le contrat, indépendamment du préjudice réel).
Assurances de dommages
Couvrent les pertes affectant le patrimoine ou la responsabilité de l'assuré : assurance des biens (incendie, vol, dégâts des eaux, bris de machines), assurance de responsabilité civile (atteintes aux tiers du fait de l'assuré, de ses biens, de son activité). La prestation est indemnitaire (limitée au préjudice réel, pour éviter l'enrichissement de l'assuré).
Le Code des assurances impose en principe la spécialisation des entreprises : une même compagnie ne peut généralement pas exercer simultanément les deux branches (vie et non-vie), pour éviter les risques de contagion entre activités aux profils techniques très différents (longue durée des engagements vie vs forte volatilité des dommages).
Responsabilité civile automobile obligatoire
L'assurance responsabilité civile automobile (RC auto) est l'une des assurances obligatoires les plus importantes du droit guinéen. Toute personne physique ou morale qui met en circulation un véhicule terrestre à moteur sur les voies ouvertes à la circulation publique en République de Guinée est tenue de souscrire, auprès d'une entreprise d'assurance agréée, une garantie couvrant sa responsabilité civile pour les dommages causés aux tiers — corporels (blessures, décès) et matériels (véhicules, biens).
Les dispositions principales en la matière sont :
- Garanties minimales obligatoires : la RC auto doit couvrir au minimum les dommages corporels et matériels causés aux tiers, sans limitation de montant pour les dommages corporels (en application des standards modernes de protection des victimes).
- Tarification : un tarif minimal de RC automobile peut être fixé ou approuvé par l'autorité compétente (notamment pour le transport public de voyageurs et marchandises), afin de garantir la solidité technique du marché.
- Attestation d'assurance : remise par l'assureur, elle doit pouvoir être présentée à toute réquisition des forces de l'ordre. Le défaut d'assurance est une infraction sanctionnée par le Code de la route et par le Code pénal.
- Indemnisation des victimes : la victime d'un accident peut exercer une action directe contre l'assureur de l'auteur du dommage, sans avoir à passer d'abord par l'assuré. Cette protection est essentielle pour garantir l'effectivité de la réparation.
- Régimes spéciaux : pour les véhicules de transport public de voyageurs, les véhicules de touristes et certains transports particuliers, des règles complémentaires s'appliquent (garanties renforcées, tarifs encadrés, contrôles spécifiques).
D'autres assurances sont également obligatoires en droit guinéen, notamment l'assurance des transports publics, l'assurance des professionnels du secteur automobile (garagistes, vendeurs de véhicules, contrôleurs techniques) et certaines assurances professionnelles réglementées (responsabilité civile médicale, décennale construction).
Entreprises d'assurance et obligations prudentielles
L'exercice à titre habituel de l'activité d'assurance en République de Guinée est subordonné à un agrément préalable délivré par l'autorité de supervision compétente. L'agrément précise les branches autorisées et peut être assorti de conditions particulières (champ géographique, types de risques).
Les principales obligations prudentielles imposées aux entreprises d'assurance par le Code sont :
- Forme juridique et capital social minimum : sociétés anonymes (SA) ou sociétés d'assurance mutuelles, avec un capital social minimum exigé.
- Provisions techniques : obligation de constituer des réserves (mathématiques pour la vie, pour sinistres à payer pour la non-vie, pour primes non acquises) afin de garantir la solvabilité face aux engagements pris envers les assurés.
- Représentation des engagements réglementés : les provisions techniques doivent être représentées par des actifs de qualité (titres d'État, dépôts bancaires, immeubles, actions cotées), répartis selon des règles prudentielles strictes (diversification, plafonds par catégorie).
- Marge de solvabilité : niveau minimal de fonds propres rapporté au volume d'activité, destiné à absorber les pertes exceptionnelles.
- Gouvernance et contrôle interne : organisation interne efficace, fonction actuarielle, gestion des risques, audit interne, dispositif anti-blanchiment.
- Reporting périodique : transmission régulière à l'autorité de contrôle d'états comptables, prudentiels et techniques (compte de résultat technique, état détaillé des placements, projections actuarielles).
Intermédiaires (courtiers, agents généraux)
Les intermédiaires d'assurance jouent un rôle central dans la distribution des produits et le conseil aux souscripteurs. Le Code des assurances guinéen reconnaît plusieurs catégories d'intermédiaires, avec des statuts juridiques distincts :
- Courtier d'assurance : commerçant indépendant qui agit pour le compte de son client (le souscripteur), avec lequel il est lié par un mandat. Il travaille avec plusieurs compagnies pour rechercher la meilleure garantie. Sa rémunération provient généralement des commissions versées par les assureurs.
- Agent général d'assurance : représentant exclusif (ou non exclusif selon le mandat) d'une compagnie d'assurance, qu'il représente vis-à-vis du public. Il agit pour le compte de l'assureur, qui répond de ses actes commis dans l'exercice de son mandat.
- Mandataires d'intermédiaires : sous-mandataires opérant pour le compte d'un courtier ou d'un agent général.
- Distributeurs spécialisés : banques et établissements financiers (bancassurance), institutions de microfinance, opérateurs de mobile money pour la microassurance.
L'accès à la profession d'intermédiaire est encadré par le Code : capacité professionnelle (diplôme ou expérience), honorabilité (absence de condamnations pénales significatives), garantie financière (caution couvrant les fonds détenus pour le compte des clients), et assurance de responsabilité civile professionnelle. Un registre des intermédiaires agréés est tenu par l'autorité de contrôle.
Tout intermédiaire est tenu à un devoir de conseil envers son client : analyse des besoins, préconisation de garanties adaptées, information claire et précise sur les caractéristiques du contrat (étendue, limites, exclusions), transparence sur les rémunérations.
Déclaration de sinistre et indemnisation
En cas de réalisation du risque garanti — le sinistre — l'assuré doit en principe accomplir plusieurs démarches précises pour faire jouer sa garantie. Ces démarches sont organisées par le Code des assurances et précisées dans la police :
- Déclaration dans les délais : l'assuré doit déclarer le sinistre à son assureur dans le délai fixé par la police (souvent 5 jours ouvrés pour la généralité des sinistres, 24 ou 48 heures pour le vol, 2 jours pour la mortalité du bétail). Le non-respect des délais peut entraîner une déchéance de la garantie, sauf cas de force majeure.
- Conservation des preuves et coopération : ne pas modifier l'état des lieux, conserver les pièces justificatives, faciliter l'enquête de l'assureur, ne pas reconnaître prématurément sa responsabilité (en RC).
- Évaluation du préjudice : par accord amiable ou expertise (chacune des parties peut désigner un expert ; en cas de désaccord, un tiers expert peut être nommé).
- Règlement de l'indemnité : en valeur (dommages et intérêts pour les dommages, capital pour la vie) ou en nature (réparation, remplacement). Le règlement intervient dans les délais conventionnels ou légaux, sous peine d'intérêts moratoires.
En cas de désaccord entre l'assuré et l'assureur, des voies amiables (médiation, conciliation) sont privilégiées avant la saisine du tribunal compétent selon les règles du Code de procédure civile. L'action en paiement de l'indemnité d'assurance est soumise à un délai de prescription spécifique fixé par le Code des assurances.
Supervision et sanctions
La supervision du secteur des assurances en République de Guinée est assurée par une autorité publique de contrôle, dont les missions et pouvoirs sont définis par le Code. Elle exerce la régulation prudentielle, comportementale et préventive du marché.
Ses principales missions comprennent :
- Octroi et retrait des agréments des entreprises d'assurance et des intermédiaires.
- Contrôle sur pièces et sur place : examen des reportings transmis, missions d'inspection dans les locaux des entreprises et intermédiaires.
- Vérification des obligations prudentielles : solvabilité, provisions techniques, qualité des placements, gouvernance.
- Protection des assurés : surveillance des pratiques commerciales, traitement des réclamations, information du public.
- Mesures préventives ou correctives : injonctions, mises en garde, sanctions administratives, désignation d'un administrateur provisoire en cas de difficultés graves, transfert d'office du portefeuille de contrats à un autre assureur, mise en liquidation.
Les sanctions administratives applicables aux entreprises et aux intermédiaires comprennent l'avertissement, le blâme, l'amende, la suspension temporaire d'activité et le retrait de l'agrément. Pour les dirigeants, la sanction peut aller jusqu'à l'interdiction d'exercer des fonctions dans le secteur. Des poursuites pénales peuvent en outre être engagées sur le fondement du Code pénal guinéen pour les infractions les plus graves (faux, escroquerie, abus de confiance, blanchiment).
Fraude à l'assurance
La fraude à l'assurance constitue un enjeu majeur pour la solidité du secteur et la justesse des tarifs supportés par l'ensemble des assurés. Le Code des assurances guinéen, en lien avec le Code pénal guinéen, la réprime sévèrement.
Les principales formes de fraude sont :
- Fausse déclaration à la souscription : dissimulation ou présentation inexacte du risque (état de santé pour une assurance vie, sinistralité pour une RC auto, valeur du bien assuré). Sanctionnée par la nullité du contrat lorsqu'elle est intentionnelle.
- Fausse déclaration de sinistre : simulation d'un sinistre n'ayant pas eu lieu (faux vol, incendie volontaire), exagération du préjudice (surévaluation des biens, blessures simulées), production de pièces justificatives falsifiées.
- Cumul frauduleux d'assurances : souscription multiple pour un même risque sans déclaration, dans le but d'obtenir plusieurs indemnisations pour un sinistre unique.
- Fraude organisée : réseaux professionnels mêlant assurés, intermédiaires complices, garagistes, experts médicaux ou techniques corrompus.
Les sanctions comprennent la nullité du contrat, la déchéance de la garantie pour le sinistre concerné, le remboursement à l'assureur des sommes indûment perçues, et des poursuites pénales (escroquerie, faux et usage de faux, association de malfaiteurs) pouvant entraîner des peines d'emprisonnement et d'amende. Les compagnies disposent d'outils de détection (analyse des sinistres, enquêteurs spécialisés, bases de données partagées) et collaborent avec les services de police et les juridictions.
Comment consulter le Code des assurances guinéen
Le Code des assurances guinéen 2016 est consultable gratuitement et intégralement sur Droitguinéen, le portail juridique de référence du droit guinéen. Sa consultation est particulièrement utile aux compagnies d'assurance, courtiers et agents généraux, gestionnaires de sinistres, experts, actuaires, juristes d'entreprise, avocats spécialisés en droit des assurances et de la responsabilité, particuliers souscripteurs souhaitant connaître leurs droits, et professionnels concernés par les assurances obligatoires (transport, automobile, construction, santé) :
- Lecture en ligne : navigation par livre, titre, chapitre et article, avec table des matières interactive.
- Recherche plein texte : recherche par mot-clé sur l'intégralité du Code (par exemple « contrat », « sinistre », « RC auto », « courtier », « provisions », « fraude »), avec mise en surbrillance des résultats.
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- Citation officielle : références juridiques formatées prêtes à l'emploi pour les polices, avenants, déclarations de sinistre, conclusions d'avocats et décisions de justice.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le Code des assurances guinéen ?+
Le Code des assurances guinéen est la loi qui régit en République de Guinée l'ensemble des opérations d'assurance et de capitalisation : contrats d'assurance (vie, dommages, santé, responsabilité civile), entreprises d'assurance et de réassurance, intermédiaires (courtiers, agents généraux), tarification, contentieux, et supervision du secteur. Adopté sous la référence Loi N° L/2016/034/AN, il rassemble en un texte unique les règles antérieurement éparses applicables au secteur de l'assurance, avec environ 841 articles couvrant à la fois le droit du contrat d'assurance, le statut des opérateurs et les obligations spécifiques (notamment la responsabilité civile automobile obligatoire).
Quand le Code des assurances guinéen a-t-il été adopté ?+
Le Code des assurances guinéen a été adopté par l'Assemblée nationale sous la référence Loi N° L/2016/034/AN. Il modernise le cadre juridique du secteur de l'assurance en République de Guinée, qui était jusque-là régi par des textes plus anciens et fragmentaires, et accompagne la professionnalisation du marché guinéen de l'assurance ainsi que la consolidation de la supervision publique du secteur.
Qu'est-ce qu'un contrat d'assurance en droit guinéen ?+
Selon le Code des assurances guinéen, l'assurance est l'opération par laquelle une entreprise d'assurance (l'assureur) s'engage, en cas de réalisation d'un risque ou au terme fixé, à fournir à une personne (l'assuré) une prestation pécuniaire en contrepartie d'une rémunération appelée prime ou cotisation. Le contrat d'assurance est la convention conclue entre l'assureur et le souscripteur pour la couverture d'un risque. Il est matérialisé par une police d'assurance qui constate les engagements réciproques des parties.
L'assurance automobile est-elle obligatoire en Guinée ?+
Oui. La responsabilité civile automobile (RC auto) est obligatoire en République de Guinée pour tout véhicule terrestre à moteur circulant sur les voies ouvertes à la circulation publique. Cette obligation est posée par le Code des assurances en cohérence avec le Code de la route guinéen (Loi L/2018/023/AN). Tout propriétaire ou détenteur d'un véhicule doit souscrire une assurance couvrant au minimum les dommages causés aux tiers (corporels et matériels). L'attestation d'assurance doit pouvoir être présentée à toute réquisition des forces de l'ordre. La circulation sans assurance est sanctionnée par des amendes, la mise en fourrière, et engage la responsabilité personnelle du conducteur en cas d'accident.
Quelles sont les principales catégories d'assurance en Guinée ?+
Le Code des assurances guinéen distingue deux grandes branches. Les assurances de personnes garantissent les risques liés à la survie ou au décès de l'assuré (assurance vie, capitalisation), à la maladie, à l'incapacité, à l'invalidité et à la maternité. Les assurances de dommages couvrent les biens (incendie, vol, dégâts des eaux, pertes d'exploitation) et la responsabilité civile (atteintes aux tiers du fait de l'assuré, de ses biens, de son activité professionnelle). Au sein de chaque branche, le Code organise des régimes spéciaux pour certaines opérations (assurances obligatoires, assurances maritimes, transport, construction).
Qu'est-ce qu'une entreprise d'assurance en Guinée ?+
L'exercice de l'activité d'assurance en République de Guinée est subordonné à un agrément préalable délivré par l'autorité de supervision compétente. Les entreprises d'assurance prennent généralement la forme de sociétés anonymes ou de sociétés d'assurance mutuelles. Elles sont soumises à des obligations strictes en matière de capital social minimum, de représentation de leurs engagements (provisions techniques + actifs admis en représentation), de marge de solvabilité, de gouvernance et de reporting périodique à l'autorité de contrôle. La spécialisation par branche (vie / non-vie) est en principe imposée pour limiter les risques de contagion entre les deux activités.
Qui supervise les compagnies d'assurance en Guinée ?+
La supervision des entreprises d'assurance en République de Guinée est assurée par une autorité publique de contrôle, dont les missions et pouvoirs sont définis par le Code des assurances. Cette autorité octroie et retire les agréments, conduit des contrôles sur pièces et sur place, vérifie le respect des obligations prudentielles (solvabilité, provisions techniques, qualité des placements), sanctionne les manquements (avertissement, blâme, amende, suspension, retrait d'agrément) et coopère avec les autres régulateurs financiers nationaux et régionaux. Elle peut également intervenir en cas de difficultés graves d'une entreprise (administrateur provisoire, transfert de portefeuille, liquidation).
Qu'est-ce qu'un courtier d'assurance en Guinée ?+
Le courtier d'assurance est un intermédiaire professionnel qui agit pour le compte de son client (le souscripteur) pour rechercher la meilleure garantie et négocier les conditions auprès des entreprises d'assurance. Contrairement à l'agent général qui représente une seule compagnie, le courtier est juridiquement indépendant des assureurs et travaille avec plusieurs compagnies pour servir l'intérêt de son client. Le Code des assurances guinéen encadre l'accès à la profession (capacité, honorabilité, garantie financière, assurance responsabilité civile professionnelle), tient un registre des courtiers agréés, et définit leurs obligations envers leurs clients (devoir de conseil, transparence sur les rémunérations).
Comment fonctionne l'assurance vie en Guinée ?+
L'assurance sur la vie est un contrat par lequel, en contrepartie de versements uniques ou périodiques, l'assureur garantit des prestations dont l'exécution dépend de la survie ou du décès de l'assuré. Le Code des assurances guinéen distingue plusieurs formules : l'assurance temporaire en cas de décès (capital ou rente versés au bénéficiaire si le décès survient avant une date déterminée), l'assurance vie entière, l'assurance mixte (combinant décès et survie), et les contrats de capitalisation. L'assurance vie permet à la fois la prévoyance familiale et l'épargne à long terme, avec des règles particulières sur la désignation du bénéficiaire, le rachat, l'avance et la participation aux bénéfices.
Comment se déroule l'indemnisation d'un sinistre en Guinée ?+
En cas de réalisation du risque garanti (le sinistre), l'assuré doit en principe le déclarer à son assureur dans les délais et selon les modalités fixés par le contrat (le Code des assurances guinéen prévoit des délais légaux supplétifs). L'assureur instruit le dossier (constatations, expertise éventuelle, vérification des garanties), évalue le préjudice et propose une indemnisation. Le règlement intervient soit en valeur (dommages et intérêts, capital), soit en nature (réparation, remplacement). En cas de désaccord sur le principe ou le montant, des voies amiables (conciliation, médiation) ou contentieuses (tribunal) sont ouvertes au souscripteur, dans le cadre du Code de procédure civile et des règles spécifiques du Code des assurances.
Que se passe-t-il en cas de fraude à l'assurance en Guinée ?+
La fraude à l'assurance — fausse déclaration de sinistre, exagération du préjudice, dissimulation d'informations à la souscription, surestimation volontaire de la valeur assurée, simulation de vol ou d'incendie — est sévèrement réprimée par le Code des assurances guinéen et par le Code pénal (escroquerie, faux et usage de faux). Les sanctions peuvent comprendre la nullité du contrat, la déchéance de la garantie pour le sinistre concerné, le remboursement à l'assureur des sommes indûment perçues, et des poursuites pénales (peines d'emprisonnement et amendes). Les compagnies d'assurance disposent de moyens d'investigation pour détecter les fraudes (enquêteurs, expertises contradictoires).
Comment citer le Code des assurances guinéen dans un document juridique ?+
La citation officielle du Code des assurances guinéen est : « Loi N° L/2016/034/AN portant Code des assurances de la République de Guinée ». Pour un article précis, on indique : « Article X du Code des assurances guinéen, Loi N° L/2016/034/AN ». Cette référence est utilisée dans les polices d'assurance, les conditions générales et particulières, les avenants, les déclarations de sinistre, les expertises, les conclusions d'avocats en contentieux d'assurance, les décisions des juridictions compétentes et les publications doctrinales en matière de droit des assurances.