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Acte Uniforme OHADA

SYCEBNL — Comptabilité des ONG et associations

Le SYCEBNL est l'Acte Uniforme OHADA qui établit le Système Comptable des Entités à But Non Lucratif. Il offre aux associations, ONG, fondations et mutuelles des 17 États membres de l'OHADA, dont la République de Guinée, un cadre comptable spécifique adapté à leurs particularités : subventions, dons, fonds dédiés, bénévolat.

SYCEBNLActe Uniforme récentApplicable en Guinée
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Sommaire

  1. Qu'est-ce que le SYCEBNL ?
  2. Qui est concerné ?
  3. Pourquoi un référentiel spécifique aux ASBL ?
  4. Les états financiers d'une ONG
  5. Dons, subventions et fonds dédiés
  6. La valorisation du bénévolat
  7. Obligations de redevabilité
  8. Commissaire aux comptes
  9. SYCEBNL vs SYSCOHADA
  10. Comment consulter le texte intégral
  11. Questions fréquentes

Qu'est-ce que le SYCEBNL ?

Le SYCEBNL (Système Comptable des Entités à But Non Lucratif) est un Acte Uniforme OHADA qui établit un référentiel comptable spécifique pour les organisations sans but lucratif : associations déclarées, organisations non gouvernementales (ONG), fondations, mutuelles, syndicats. C'est l'équivalent du SYSCOHADA pour le secteur non lucratif.

Le SYCEBNL répond à un besoin longtemps exprimé par les organisations africaines et leurs bailleurs internationaux : disposer d'un cadre comptable spécifique, harmonisé et reconnu, qui prenne en compte les particularités du secteur non lucratif (subventions, dons, fonds dédiés, bénévolat). Il complète et ne remplace pas le SYSCOHADA, qui reste applicable aux entreprises commerciales.

Qui est concerné par le SYCEBNL ?

Le SYCEBNL s'applique à toutes les entités à but non lucratif de toute nature opérant dans l'espace OHADA :

  • Associations déclarées et groupements assimilés
  • Organisations non gouvernementales (ONG) nationales et internationales
  • Fondations reconnues d'utilité publique
  • Mutuelles de santé, de prévoyance
  • Syndicats professionnels et organisations professionnelles
  • Partis politiques
  • Congrégations religieuses et organisations confessionnelles

Sont exclues les entités commerciales (qui relèvent du SYSCOHADA via l'AUDCIF) et les entités du secteur public (administrations, collectivités territoriales) qui relèvent de la comptabilité publique.

Pourquoi un référentiel spécifique aux ASBL ?

Les organisations à but non lucratif ont des spécificités comptables que le SYSCOHADA classique ne traite pas correctement :

  • Présence de subventions et dons (et non de chiffre d'affaires) comme principales ressources
  • Gestion de fonds dédiés : ressources affectées par les donateurs à un projet précis non encore réalisé
  • Importance du bénévolat à valoriser pour refléter la véritable activité économique
  • Distinction nécessaire entre dépenses de fonctionnement et dépenses d'investissement
  • Obligations de redevabilité spécifiques envers les bailleurs et donateurs

Les états financiers d'une ONG

Une organisation à but non lucratif doit établir chaque année selon le SYCEBNL un ensemble d'états financiers spécifiques :

Bilan

Présente les actifs (immobilisations, stocks, créances, trésorerie), les passifs (dettes, fonds dédiés) et les fonds propres.

Compte d'emploi des ressources (CER)

Équivalent du compte de résultat pour les ONG. Présente les ressources (dons, subventions, cotisations) et leur utilisation par mission sociale, fonctionnement, recherche de fonds.

Tableau des flux de trésorerie

Mouvements de liquidités sur l'exercice : encaissements de dons et subventions, paiements aux bénéficiaires et fournisseurs.

Notes annexes

Explications détaillées sur les fonds dédiés, les subventions reçues, la valorisation du bénévolat, les engagements hors bilan, les principales conventions avec les bailleurs.

Dons, subventions et fonds dédiés

Le SYCEBNL distingue plusieurs catégories de ressources, chacune avec son traitement comptable propre :

  • Dons sans contrepartie (cotisations, dons spontanés) — comptabilisés en produits de l'exercice de leur réception
  • Subventions de fonctionnement — comptabilisées en produits si elles couvrent des charges de l'exercice
  • Subventions d'investissement — étalées sur la durée d'amortissement du bien financé pour neutraliser l'effet sur le résultat
  • Fonds dédiés — dons ou subventions affectés à un projet spécifique non encore réalisé, comptabilisés au passif du bilan jusqu'à utilisation effective

Cette distinction permet une gestion transparente des ressources affectées et garantit que les fonds dédiés à un projet seront effectivement utilisés conformément à leur destination, ce qui est essentiel pour la confiance des bailleurs.

La valorisation du bénévolat

Le SYCEBNL recommande la valorisation du bénévolat dans les états financiers, ou au minimum sa mention en annexe. Cette valorisation se fait en estimant le coût qu'auraient représenté les heures bénévoles si elles avaient été rémunérées au taux du marché.

Techniquement, la valorisation est inscrite à la fois en produits (« contributions volontaires en nature ») et en charges (« utilisation des contributions »), pour un montant équivalent. L'impact net sur le résultat est nul, mais la véritable contribution économique des bénévoles apparaît dans les états financiers, ce qui reflète l'activité réelle de l'ONG. C'est essentiel pour communiquer auprès des bailleurs et du public sur l'ampleur effective de l'action menée.

Obligations de redevabilité

Les ONG sont soumises à des obligations de redevabilité multiples :

  • Envers les donateurs et bailleurs — rapports financiers et narratifs sur l'utilisation des fonds, audits spécifiques par projet
  • Envers les autorités fiscales — déclarations fiscales même en cas d'exonération
  • Envers les autorités de tutelle — rapports d'activité annuels au ministère de tutelle
  • Envers leurs membres — assemblée générale annuelle, approbation des comptes par les membres

Le SYCEBNL fournit la base comptable nécessaire pour répondre à toutes ces obligations avec transparence et cohérence, en utilisant un référentiel unique reconnu à l'international.

Commissaire aux comptes obligatoire ?

Le SYCEBNL prévoit l'obligation de nommer un commissaire aux comptes pour les organisations à but non lucratif dépassant certains seuils de ressources annuelles, de total bilan ou de nombre de salariés. Les seuils sont fixés par décret dans chaque État membre.

Par ailleurs, les bailleurs internationaux (Banque Mondiale, Union Européenne, USAID, AFD, fondations privées) imposent souvent leurs propres exigences d'audit, indépendamment des obligations légales locales. Une ONG bénéficiant de financements internationaux est donc presque toujours auditée, avec des exigences souvent plus strictes que les seuils légaux nationaux.

SYCEBNL vs SYSCOHADA : quelle différence ?

Les deux référentiels coexistent dans l'espace OHADA et ne se substituent pas l'un à l'autre :

  • SYSCOHADA (établi par l'AUDCIF) — pour les entreprises commerciales à but lucratif : SARL, SA, SAS, commerçants individuels.
  • SYCEBNL — pour les entités à but non lucratif : associations, ONG, fondations, mutuelles.

Les deux référentiels partagent des principes communs (comptabilité d'engagement, principe de prudence, image fidèle, indépendance des exercices) mais se distinguent sur des points clés : traitement des subventions et dons, comptabilisation des fonds dédiés, valorisation du bénévolat, format du compte de résultat (compte d'emploi des ressources pour les ASBL).

Comment consulter le texte intégral du SYCEBNL

Le texte intégral du SYCEBNL est consultable gratuitement sur Droitguinéen, avec recherche par mot-clé, navigation par titre et téléchargement PDF.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que le SYCEBNL ?+

Le SYCEBNL est le Système Comptable des Entités à But Non Lucratif. C'est un Acte Uniforme OHADA récent qui établit un référentiel comptable spécifique aux organisations sans but lucratif (ASBL, ONG, fondations, associations) opérant dans les 17 États membres de l'OHADA, dont la République de Guinée. Il complète le SYSCOHADA (qui s'applique aux entreprises commerciales) en offrant aux entités non lucratives un cadre comptable adapté à leurs spécificités.

Quelles entités sont concernées par le SYCEBNL ?+

Le SYCEBNL s'applique aux entités à but non lucratif de toute nature : associations déclarées (loi 1901 et équivalents OHADA), organisations non gouvernementales (ONG) nationales et internationales, fondations reconnues d'utilité publique, mutuelles, syndicats, partis politiques, congrégations religieuses, organisations professionnelles. Sont exclues les entités commerciales (qui relèvent du SYSCOHADA / AUDCIF) et les entités du secteur public (administrations, collectivités territoriales).

Pourquoi un référentiel comptable spécifique aux ASBL ?+

Les organisations à but non lucratif ont des spécificités comptables que le SYSCOHADA classique ne traite pas bien : présence de subventions et dons (et non de chiffre d'affaires), gestion de fonds dédiés (dons affectés à un projet précis), bénévolat à valoriser, distinction entre fonctionnement et investissement, obligations de redevabilité envers les bailleurs et donateurs. Le SYCEBNL offre un cadre adapté à ces réalités, avec un plan comptable ajusté et des états financiers spécifiques.

Quels états financiers doit produire une ONG selon le SYCEBNL ?+

Une organisation à but non lucratif doit établir chaque année selon le SYCEBNL : (1) un bilan présentant les actifs, passifs et fonds propres, (2) un compte de résultat (ou compte d'emploi des ressources) montrant les ressources et leur utilisation, (3) un tableau des flux de trésorerie, (4) des notes annexes explicitant notamment les fonds dédiés, les subventions reçues, le bénévolat valorisé, et les engagements hors bilan. Pour les grandes ONG, un tableau de variation des fonds propres complète l'ensemble.

Comment sont comptabilisés les dons et subventions ?+

Le SYCEBNL distingue plusieurs catégories de ressources : (1) les dons sans contrepartie (cotisations, dons spontanés) — comptabilisés en produits de l'exercice ; (2) les subventions de fonctionnement — comptabilisées en produits si elles couvrent des charges de l'exercice ; (3) les subventions d'investissement — étalées sur la durée d'amortissement du bien financé ; (4) les fonds dédiés — dons ou subventions affectés à un projet spécifique non encore réalisé, comptabilisés dans un compte de fonds dédiés au passif. Cette distinction permet une gestion transparente des ressources affectées.

Qu'est-ce qu'un fonds dédié dans une ONG ?+

Un fonds dédié est une ressource (don ou subvention) reçue par une ONG avec une affectation précise par le donateur ou bailleur, et qui n'a pas encore été utilisée à la date de clôture. Par exemple, une subvention pour construire une école qui ne sera achevée que l'année suivante. Le SYCEBNL prévoit que ces fonds dédiés soient inscrits au passif du bilan dans un compte spécifique, et progressivement transférés en produits au fur et à mesure de la réalisation du projet. Cette technique garantit que les ressources affectées soient utilisées conformément à leur destination.

Le bénévolat doit-il être comptabilisé ?+

Oui, le SYCEBNL recommande la valorisation du bénévolat dans les états financiers, ou au minimum sa mention en annexe. Cette valorisation se fait en estimant le coût qu'auraient représenté les heures bénévoles si elles avaient été rémunérées au taux du marché. Elle est inscrite au compte de résultat à la fois en produits (« contributions volontaires en nature ») et en charges (« utilisation des contributions »), pour un montant équivalent. Cela reflète la véritable contribution économique des bénévoles à l'activité de l'ONG sans déformer le résultat.

Quelles obligations de redevabilité pour les ONG ?+

Les ONG sont soumises à des obligations de redevabilité multiples : envers les donateurs et bailleurs (rapports financiers et narratifs sur l'utilisation des fonds), envers les autorités fiscales (déclarations fiscales même si exonérées), envers les autorités de tutelle (rapports d'activité annuels), envers leurs membres (assemblée générale annuelle, approbation des comptes). Le SYCEBNL fournit la base comptable nécessaire pour répondre à ces obligations multiples avec transparence et cohérence.

Une ONG doit-elle nommer un commissaire aux comptes ?+

Cela dépend des seuils. Le SYCEBNL prévoit l'obligation de nommer un commissaire aux comptes pour les organisations à but non lucratif dépassant certains seuils de ressources annuelles, de total bilan ou de nombre de salariés. Les seuils sont fixés par décret dans chaque État membre. Par ailleurs, les bailleurs internationaux (Banque Mondiale, Union Européenne, USAID) imposent souvent leurs propres exigences d'audit, indépendamment des obligations légales locales. Une ONG bénéficiant de financements internationaux est donc presque toujours auditée.

Quelle différence entre SYCEBNL et SYSCOHADA ?+

Les deux référentiels coexistent dans l'espace OHADA. Le SYSCOHADA (établi par l'AUDCIF) s'applique aux entreprises commerciales à but lucratif : SARL, SA, SAS, commerçants individuels. Le SYCEBNL s'applique aux entités à but non lucratif : associations, ONG, fondations, mutuelles. Les deux référentiels partagent des principes communs (comptabilité d'engagement, principe de prudence, image fidèle) mais se distinguent sur des points clés : traitement des subventions et dons, fonds dédiés, valorisation du bénévolat, format du compte de résultat (compte d'emploi des ressources pour les ASBL).

Quand le SYCEBNL a-t-il été adopté ?+

Le SYCEBNL est l'un des Actes Uniformes OHADA les plus récents. Il répond à un besoin longtemps exprimé par les organisations à but non lucratif et leurs bailleurs : disposer d'un cadre comptable spécifique, harmonisé et reconnu internationalement. Il vient combler un vide juridique : avant son adoption, les ASBL et ONG en Guinée et dans les autres pays OHADA appliquaient soit le SYSCOHADA (peu adapté), soit des référentiels nationaux disparates, soit les exigences de leurs bailleurs internationaux. Le SYCEBNL unifie le traitement comptable du secteur non lucratif.

Le SYCEBNL prime-t-il sur le droit guinéen ?+

Oui. En vertu de l'article 10 du Traité OHADA, le SYCEBNL est directement applicable et obligatoire en République de Guinée. Il prime sur toutes les dispositions contraires de droit interne en matière de comptabilité des entités à but non lucratif. Les associations, ONG et fondations guinéennes doivent donc tenir leur comptabilité selon le SYCEBNL et établir leurs états financiers selon ce référentiel commun à toute l'Afrique francophone OHADA.

Voir aussi

Texte intégral SYCEBNLDroit OHADAAUDCIF — SYSCOHADAAUSCOOP — CoopérativesAUSCGIE — Sociétés commerciales
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