La Chambre de jugement de la CRIEF (Cour de répression des infractions économiques et financières) a mis en délibéré l'affaire opposant l'État guinéen à Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour constitutionnelle, et ses collaborateurs. Le verdict est attendu pour le 27 juin 2026.
1. Synthèse des accusations et montants en cause
Mohamed Lamine Bangoura (en détention préventive), Amadou Diallo (ex-vice-président) et Sidiki Sylla (ex-DAF) sont poursuivis pour détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.
Le litige porte sur l'absence de justificatifs pour les montants suivants :
20 milliards de GNF sur le budget de fonctionnement de la Cour.
15 milliards de GNF alloués au processus électoral de 2020.
9 milliards de GNF liés à des suspicions de rétrocommissions sur le contrat de bail du siège de l'institution.
2. Réquisitions du Ministère Public et de l'État
Estimant les infractions caractérisées, le parquet de la CRIEF et l'Agent judiciaire de l'État ont sollicité :
Peine principale : 10 ans de prison ferme contre les trois prévenus (mandat d'arrêt maintenu pour les deux fuyards).
Peine pécuniaire : Une amende solidaire de 50 milliards de GNF.
Réparation civile : 41 milliards de GNF de dommages et intérêts au profit de l'État.
Mesure conservatoire : La confiscation définitive de l'ensemble de leurs biens (notamment un duplex à Nongo et un immeuble à Dakar).
3. Les réclamations de la partie civile (Greffe)
L'ancien greffier en chef, Lancinet Kanko Kourouma, s'est constitué partie civile pour obtenir le paiement de rappels de salaires bloqués en 2019. Il réclame le remboursement de ses dus et plus de 3 milliards de GNF de dommages et intérêts. L'accusé principal rejette cette charge, renvoyant la responsabilité de la gestion salariale aux services centraux.
4. Moyens de la défense
Les conseils de la défense ont plaidé la relaxe pure et simple, invoquant les arguments suivants :
Défaut de preuves : Un dossier qualifié de matériellement "vide".
Détention abusive : Une procédure préventive qui dure depuis bientôt 4 ans (décembre 2022).
Invité à livrer son dernier mot avant la clôture des débats, Mohamed Lamine Bangoura s'est contenté de déclarer : « Je m'en remets au jugement de Dieu. »